1 L’Atoll tel qu’il se raconte








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L'Atoll propose t-il une offre d'ameublement « écologique » ?


Dans le paragraphe qui suit on évalue l'originalité écologique de l'offre commerciale de L'Atoll vis-à-vis de l'offre commerciale existante sur le plan régional et sur le plan de l'agglomération. Les magasins de l'Atoll favorisent-ils l'achat de produits à faible impact carbone ?

Évaluation de l'originalité écologique de l'offre ameublement de L'Atoll


Le centre commercial L'Atoll à été spécialisé dans les commerces de vente d'équipement de maison. Malgré cela, sur les 60 commerces (http://latoll-angers.fr/fr/enseignes_liste consulté le 20/08/2013), 18 semblent effectivement dédiés à l'équipement de la maison. C'est à ceux là qu'on s'intéresse par la suite.

Les 18 magasins se répartissent en 3 catégories qui sont fonctions de leur présence auparavant dans la région ou l'agglomération.

Catégorie A : magasins qui étaient une « nouveauté » pour la région


Deux magasins n'étaient pas présents dans la région au lancement du centre commercial :

  • Alinéa (12 000m2 d'espace de vente)

  • Zôdio (3500m2 d'espace de vente). Un autre magasin Alinéa est aujourd'hui présent dans la région, au Mans ce qui limite la vocation régionale actuelle de l’Atoll.

Alinéa semble couvrir le même besoin que d’autres magasins qui existent à Angers ou Nantes depuis de nombreuses années (Ikea à Nantes, Conforama, But, etc … à Angers) ; Zôdio est une boutique pour « objets déco et accessoires créatifs pour toutes les pièces de la maison à personnaliser à souhait ».

Conclusion de la catégorie A : mise à part l’intérêt discutable du regroupement d'activité (cf. 2.1.), ces 2 magasins n'apportent pas de plus-values à l'offre régionale.

Catégorie B : magasins qui étaient une nouveauté pour l'agglomération d'Angers Loire Métropole


Cinq magasins n'étaient pas présents dans l'agglomération au lancement du centre commercial :

  • Babou, « Spécialiste du discount, BABOU équipe et habille toute la famille. Vêtements, chaussures, lingerie, linge de maison, bazar ... ».

  • Keria, « Keria est le n°1 du luminaire en France. Adressez-vous au spécialiste de l’éclairage : lampe, lampadaire, suspension, lustre, spot, … »

  • Château d'Ax, « Depuis 1948 Chateau d'Ax conçoit et fabrique des salons de qualité pour les amateurs de confort du monde entier. Votre canapé, cuir ou tissu microfibre, votre salon, vous attendent chez Château d’Ax »

  • Gautier, « Depuis 1958, nous concevons et fabriquons des meubles dont la production est assurée à 95% en France, sur nos sites implantés en Vendée, dotés d'outils industriels à la pointe de la technologie. [...] Tout ce bois provient de ressources locales, toutes situées à moins de 300 km de notre site de production situé à Chantonnay. Les rondins de bois que nous achetons sont issus de coupes d'entretien de forêts gérées durablement, et jamais d'abattage strict. »

  • H&H. « Créateur de meuble ».

Conclusion de la catégorie B : un magasin semble offrir une originalité écologique, le magasin Gautier qui propose du mobilier de série neuf et local. Les autres ne semblent pas offrir de nouveauté par rapport à l'offre existante de l'agglomération.

Catégorie C : magasins qui étaient déjà présents dans l'agglomération (nouvelle ouverture ou déménagement)


Deux magasins étaient déjà présents dans l’agglomération et ont déménagé ou ouvert un nouveau magasin (Maison du monde et CASA). Dix magasins étaient déjà présents dans l’agglomération et ont simplement déménagé.

Conclusion de la catégorie C : mis à part l’intérêt discutable du regroupement d'activité (cf. 2.1.), ces 12 magasins ne semblent pas apporter pas de plus-values à l'offre de l’agglomération.

Bilan : l’Atoll propose une offre ameublement classique


Il aurait pu être intéressant que l’Atoll couvre un besoin insuffisamment couvert dans la région ou - dans une moindre mesure - dans l’agglomération. Le paragraphe précédent nous à permis de constater qu’un seul magasin du centre commercial semble présenter une originalité écologique pour l'agglomération, le magasin Gautier.

A une exception près, ce centre commercial revendiqué « écologique » ne propose donc qu'une offre ameublement classique. Ce centre commercial ne semble donc pas avoir d'intérêt dans la vente de produits à faible impact carbone.

Au delà de l'offre ameublement classique de L'Atoll : une offre à faible impact écologique


O
Illustration 2: (source ADEME :GUIDE DE LECTURE DU REFERENTIEL MEUBLES EN BOIS BP X30-323-4
n aurait pu attendre du centre commercial qu'il étoffe l'offre de produits d'ameublement à faible impact écologique. L'impact carbone global permet d'estimer l'impact écologique d'un produit. La figure ci-dessous résume le cycle de vie d'un meuble en bois.

2.3. Discussion des aspects économiques

Arguments économiques en faveur du projet et interpellations

En dehors des arguments d’ordre esthétique utilisés pour justifier la construction de l’Atoll, les principales raisons avancées par les acteurs locaux sont d’ordre économique :

  • Stopper l’évasion commerciale vers Nantes, Tours ou le Mans, voire Cholet

  • Redynamiser l’attractivité commerciale de l’agglomération et donc aussi celle du centre ville d’Angers, avec des retombées pour l’économie locale

  • Créer des emplois, en recrutant notamment des personnes rencontrant des difficultés pour trouver de l’emploi

Une étude réalisée en 2007 par la Chambre de Commerce et d’Industrie affirmait que « l'offre [pour les achats liés à l'équipement de la maison] était jugée "vieillissante", "peu propice à créer des envies", "géographiquement éclatée" ».

Source : http://www.angers-developpement.com/territoire/latoll-inaugure-une-nouvelle-generation-de-parc-commercial

Les principales craintes suscitées par le projet sont les suivantes :

  • Concurrence Atoll/Centre ville (notamment concernant les équipements de restauration et de loisirs) et avec les autres centres commerciaux de l’Agglo (avec Grand Maine en particulier)

  • Des emplois principalement précaires et à bas salaires

  • La Compagnie de Phalsbourg comme certains acteurs de la construction et la plupart des enseignes ne sont pas basés à Angers. Quelle part de la valeur ajoutée restera pour l’agglomération angevine (emplois, impôts locaux…) ?

Phase de construction : Un surplus d’activité ponctuel

Le Promoteur, Concepteur et actuel Exploitant, La Compagnie de Phalsbourg a son siège au 22, Place Vendôme, à Paris. Avec un patrimoine au 31/12/2012 de 1 milliard d’euros pour 470 000 m² exploités et 340 000 m² en développement, la société se spécialise dans les centres commerciaux et l’immobilier de bureaux et de logements haut de gamme sur l’ensemble du territoire métropolitain. Son PDG et principal actionnaire, Philippe JOURNO, détenait en 2012 la 321e fortune française selon le classement du magazine Challenges (source Le Monde diplomatique).

Les architectes sont également parisiens.

Les opérateurs de terrassement et du gros œuvre et les paysagistes sont originaires des Pays de Loire ou de Bretagne (Luc Durand TP, CGM, Cardinal…). Le ciment des fondations est issu de la carrière-usine de Saint-Pierre-La-Cour, en Mayenne, par ailleurs l’une des plus grandes cimenteries d’Europe. A noter qu’à l’issue du chantier est apparu un différend commercial de 4 millions d’euros (sur un total de 11 millions) que la Compagnie de Phalsbourg refuse de payer à la société Luc Durand TP, liée à un dépassement d’honoraires et à la survenue de problèmes techniques rencontrés sur les espaces verts (arbres morts, parkings boueux…).

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Angers-la-facture-de-4-millions-que-L-Atoll-ne-veut-pas-payer_40774-2177324------49007-aud_actu.Htm

C’est surtout pour la réalisation de la charpente métallique et de la coque en aluminium, sans doute pour des raisons de manque de compétences locales, qu’il a été fait appel à des entreprises éloignées : Tolartois (Pas de Calais), PL Maître (Vosges) et surtout Formtexx (basé dans le Sud de l’Angleterre) qui a réalisé les pièces de la résille au Royaume-Uni, pour ensuite les assembler sur site.

Ainsi, si la conception et la direction des travaux ont été réalisées par des entreprises extérieures à la région, tout comme une large partie de la coque en aluminium, l’essentiel des travaux de terrassement et de gros œuvre a été effectué par des opérateurs « régionaux » (au sens large). Toutefois cela n’implique pas forcément le recours à une main d’œuvre stable, le secteur des travaux publics utilisant aussi des contrats de type intérimaire (cf. article Ouest-France ci-dessus) et recourant parfois à de la main d’œuvre étrangère meilleur marché. Les emplois qualifiés (architectes, travail du métal pour la coque en résille…) concernent principalement des entreprises situées en dehors de la région.

En conclusion, la phase de construction n’a apporté qu’un surplus d’activité économique relatif à l’agglomération angevine, les travaux de conception, les matériaux et une partie de la main d’œuvre du chantier provenant de l’extérieur.

Phase d’exploitation : Un succès pour le promoteur, un rebond pour les enseignes, mais quelles retombées pour les habitants ?

Le Promoteur : une vitrine et une réussite commerciale

A l’issue de la première année, le lancement du centre commercial semble être une réussite pour le promoteur, avec une fréquentation double de celle prévue (6 millions de visiteurs), l’essentiel des surfaces commerciales louées (restaient 2000 m² sur 70 000), un temps de visite supérieur à celui des autres centres commerciaux et 92% des visiteurs qui repartent avec un achat. Le pari de l’attrait de la clientèle départementale serait également acquis. L’ouverture d’une petite supérette alimentaire et d’un cinéma, souhaités par les promoteurs, est en attente du fait de l’offre déjà excédentaire sur l’agglomération.

(source : http://www.loire-net.tv/news/un-an-apres-l-atoll-depasse-largement-ses-objectifs_1 )

L’entreprise est en croissance sur le plan national, 2012 ayant été la 3e meilleure année de l’histoire de l’entreprise en termes de surfaces commercialisées. (source : http://www.compagniedephalsbourg.com/commercialisation2012/ ).

L’Atoll, de par les nombreuses récompenses reçues (cf. 1.) et ses larges retombées médiatiques, locales comme nationales (Libération, France Inter, Le Monde, Le Figaro, Les Echos…) sert de vitrine à la Compagnie de Phalsbourg et à ses 600 000 m² commerciaux. «  Nous recevons la visite de représentants d’autres agglomérations, intéressés par ce parc nouvelle génération », confirme Philippe Journo.

(source : http://www.angersloiremetropole.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/METROPOLE-35.pdf )

Les Enseignes : faire face au déclin des centres commerciaux traditionnels

Pour les enseignes, ce nouveau type de centre commercial, les « retail parks », représente une nouvelle stratégie pour tenter de contrer la concurrence des ventes par internet dans un contexte national de marché saturé et de recul des ventes (-0,2% pour le chiffre d’affaire des centres commerciaux français en 2012 – source : http://www.courrierdelouest.fr/actualite/angers-le-centre-commercial-latoll-16-01-2013-98803, http://www.developpement-construction.com/wp-content/uploads/2012/10/Focus-Le-renouvellement-du-marche-de-l-immobilier-commercial-en-France.pdf ), en alliant offre marchande groupée, avec possibilité de comparer entre les magasins, et offre de loisirs. En effet, en dehors d’Alinéa, au concept proche d’Ikea, l’offre commerciale d’Atoll n’apporte pas d’innovation majeure dans l’agglomération angevine. Par ailleurs, la mise en place d’un service d’e-commerce, avec achat en ligne et récupération des produits sur un seul site serait à l’étude.



Pour Alinéa, les résultats à l’issue de la première année sont supérieurs de 12% aux prévisions (source : http://www.entreprises.ouest-france.fr/node/91672 ).

Pour Maisons du Monde et But, les chiffres après 1 an sont annoncés comme « nettement supérieurs » à ceux de leurs anciens magasins. (source : http://www.loire-net.tv/news/un-an-apres-l-atoll-depasse-largement-ses-objectifs_1 ). Quant au restaurant McDonald’s, il figurait au printemps 2013 dans le « trio de tête des records de fréquentation hebdomadaire » national. (source : Le Monde diplomatique, avril 2013).

Dans l’ensemble, les différentes enseignes semblent satisfaites de cette première année, à l’exception de Castorama, pour qui les ventes ne « sont pas à la hauteur des prévisions » (25 millions d’euros de chiffre d’affaires au lieu des 36 prévus), du fait de la perte d’une partie de la clientèle professionnelle, et des petits achats pour les particuliers. En cause la difficulté de stationnement pour charger les matériaux encombrants, et l’éloignement du centre ville pour les petits achats de bricolage. Des aménagements, notamment en terme de stationnement sont prévus. (source : http://www.entreprises.ouest-france.fr/node/82892, http://www.loire-net.tv/news/un-an-apres-l-atoll-depasse-largement-ses-objectifs_1 )

Dans l’ensemble, ce nouveau concept de centre commercial semble avoir trouvé son public sur Angers et justifier l’investissement réalisé par les enseignes. L’effet d’agglomération du au regroupement des enseignes en un seul site semble fonctionner pour augmenter leurs ventes. La valeur ajoutée qu’elles obtiennent, en dehors des salaires généralement faibles versés aux salariés des magasins ou restaurants, quitte dans sa plus large partie le territoire de l’agglomération. En effet, l’essentiel des flux monétaires hors salaires, qu’ils partent vers les fournisseurs (souvent extérieurs à la région, et même à l’Europe), les transporteurs ou les actionnaires, s’écoule du bassin de consommation d’Angers vers l’extérieur.

L’agglomération, ses commerces et ses habitants

L’Agglomération et ses élus : un projet de prestige

Pour Angers Loire Métropole, la construction du centre commercial s’inscrit dans un cadre de concurrence entre pôles urbains.

« “L’Atoll, c’est une enveloppe dédiée au commerce et à l’équipement de la maison bien sûr, mais c’est aussi une vitrine, un aménagement phare qui va donner à Angers et à son territoire une image définitivement moderne et innovante. L’Atoll va contribuer à régionaliser la métropole d’Angers”, souligne le président d’Angers Loire Métropole, Jean-Claude Antonini. » (source : http://www.angersloiremetropole.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/METROPOLE-35.pdf ) Il s’agit de prendre des « parts de marché » aux métropoles voisines et concurrentes, de valoriser l’image de la ville, d’attirer les investisseurs, et pour les élus de réaliser des grands projets montrant leur activisme, particulièrement dans un contexte de crise économique.

Les retombées fiscales sous forme d’impôts locaux et les avantages éventuellement concédés au promoteur ou aux enseignes n’ont pas fait l’objet de communication publique.

Les Commerces : toujours plus grand face à la concurrence

Si nous ne disposons pas d’informations concernant les autres centre commerciaux, il semble que Grand Maine, le plus proche, ait été assez fortement impacté, au moins dans les premiers mois après l’ouverture : «  Frédéric Béatse : oui, l’implantation d’Atoll a impacté les commerçants du quartier du Lac de Maine, c’est un point qui nous est connu » (certaines enseignes déplorent une perte clientèle journalière de 30 à 35%, NDLR). (Source : http://www.entreprise-angers.com/dimanche-noel-angers-frederic-beatse-n96568.html -Publié le 17/10/2012). D’après les décideurs politiques, l’Atoll, en attirant des publics lointains, devait aussi se révéler bénéfique pour le centre ville, les clients étant sensés profiter de leur venue sur Angers pour aller visiter le château, le centre historique, et au passage consommer. (source : http://www.angersloiremetropole.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/METROPOLE-35.pdf ) On peut noter que le fait que l’Atoll reste difficilement accessible en transports en commun (une demi-heure depuis le centre ville, avec en moyenne un bus toutes les 30 minutes), qu’il soit excentré et que l’ouverture récente de la ligne de tramway ait permis de redynamiser le centre ville sont autant de facteurs qui limitent la concurrence envers les commerces centraux.

Le développement de l’Atoll et du futur parc sur le thème du sport et des loisirs dans la Z.A. de Marcillé, en faisant concurrence aux centre commerciaux existants, incite ceux-ci à investir et à s’étendre pour maintenir leur clientèle, comme le promoteur Hammerson à Grand Maine (source : http://www.angers.maville.com/actu/actudet_-La-Ville-veut-maitriser-l-extension-de-Grand-Maine_loc-1744703_actu.Htm ), dans un contexte de forte extension des surfaces commerciales dans l’hexagone (+500 000 m² pour 2013, source : http://www.courrierdelouest.fr/actualite/angers-le-centre-commercial-latoll-16-01-2013-98803 ). On court ainsi le risque d’une surenchère au bétonnage, chaque entreprise demandant le droit de défendre ses parts de marché en étendant sa surface de vente, alors que dans son ensemble le marché stagne.

Des emplois précaires et à bas salaires

500 emplois nouveaux auraient été créés (source : http://www.maisonemploi-angers.fr/index.php?id=492, http://www.ville-emploi.asso.fr/actionave/cellule-emploi-formation-sur-la-creation-dun-parc-commercial-latoll/ ), dont 120 pour le seul Alinéa, du moins pour les premiers jours d’ouverture, dont 3 postes de cadres (source : http://www.maisonemploi-angers.fr/uploads/media/Tableau_offres_2012_12_17.pdf, Métropole n°35 ), sur un total de 800 emplois, la moitié étant due au déplacement d’enseignes, telles Boulanger ou Castorama. (source : http://www.angersmag.info/Atoll-recrutement-a-l-automne-prochain_a2975.htm ). Dans le but de faciliter le recrutement de personnel par les enseignes, une convention a été signée entre Angers Loire Métropole, la Maison pour l’Emploi et la Compagnie de Phalsbourg, mettant notamment en place une « cellule formation », système bénéficiant de financements de l’état et de Pôle Emploi.

Dans ce cadre une cinquantaine de personnes « en difficulté d’accès à l’emploi » (Métropole n°35) ont été embauchées par les entreprises de restauration, soit la moitié des recrutements de ce secteur. D’après un autre décompte portant sur 250 de ces 500 nouveaux emplois (http://www.ville-emploi.asso.fr/actionave/cellule-emploi-formation-sur-la-creation-dun-parc-commercial-latoll/ ), 41% concerneraient des demandeurs d’emploi de longue durée, 9% des habitants des quartiers de la politique de la ville d’Angers et Trélazé, 7% de seniors et 4,7% de personnes bénéficiant de l’obligation d’emploi (handicap). On peut cependant s’interroger sur la pérennité de ces emplois.

Ce type de « retail park » entraîne par ailleurs la création d’emplois autres que ceux de la vente ou de la restauration, notamment dans les domaines de la sécurité et du nettoyage, pour lesquels il est fait appel à des sous-traitants (ONET, Securitas, Sécurité Protection…).

Dans l’ensemble, il s’agit d’emplois précaires, à bas salaires et pour beaucoup à temps partiel. (source : http://www.bastamag.net/Toujours-plus-pourquoi-les-centres#nb11 ) Le centre est ouvert le dimanche pour les restaurants, et les jours fériés en dehors du 1ier Mai, du 25 Décembre et du 1ier Janvier. Les commerçants se plaignent d’ailleurs du manque de fréquentation pendant la semaine. Du fait de la difficulté d’accès en transports en commun, les salariés doivent presque impérativement pouvoir disposer d’un véhicule pour rejoindre leur lieu de travail.

Enfin, concernant le reste de la population de l’agglomération, ce centre vise, tout autant qu’à leur vendre des articles de mobilier ou de décoration, à se positionner comme un nouvel espace de loisirs privatisé (cf. 2.4.).

Notre Analyse

Si des emplois ont bien été créés, et si la construction a créé un surcroît temporaire d’activité, un tel projet répond plus à des impératifs financiers qu’économique : il s’agit avant tout de trouver des relais de croissance pour un modèle à bout de souffle, celui des centres commerciaux de périphérie, et de permettre aux financiers de placer leurs capitaux dans de grands ensembles immobiliers.

Enseignes nationales et internationales, promoteur parisien, fournisseurs étrangers… : le centre commercial est complètement déconnecté de l’économie de son territoire. Il attire des consommateurs éloignés, mais la valeur captée et les profits générés sont destinés à quitter le territoire, avec peu de retombées locales.

Un autre développement local est-il possible ? Un développement créateur d’emploi, qui augmente l’activité locale en facilitant l’insertion de populations défavorisées ?

Pistes alternatives

Répondant au même objectif de satisfaire la demande en produits de décoration et d’ameublements sur l’agglomération angevine, de nombreuses alternatives existent, créatrices d’activité, valorisant les ressources locales et créant du lien social, tout en étant bien plus respectueuses de l’environnement qu’un centre de distribution situé en périphérie de ville.

Nous pouvons d’un côté citer toutes les activités visant à prolonger la durée de vie des meubles et articles électroménagers, s’opposant ainsi au courant dominant du jetable imposé par la Grande Distribution, tout simplement par la récupération des meubles hérités de nos grand-parents, à la durée de vie supérieure à celle de leurs usagers, par le troc (par exemple via le réseau « La Trocante »), par la récupération.  « Une alternative s’exprime :  « Les déchets des uns font la matière première des autres » . Les principes de réemploi et de recyclage se développent énormément à ce jour. Prônant des enjeux sociaux (participation de chantiers d’insertion), économiques (réduction des couts d’enfouissement) et environnementaux (réutilisation des déchets), ils s’installent comme l’alternative à adopter. En Val de Loire, plusieurs structures exploitent déjà la filière : Emmaüs le généraliste [qui a ouvert récemment une antenne en centre ville, boulevard Carnot], Envie Anjou le spécialiste de l’électroménager, Apivet le spécialiste textile,… La création d’une filière spécialisée mobilier est un enjeu véritable. » (Source : http://www.utopies-ligeriennes.org/du-fer-au-faire-patrimone-du-futur/ ).
2.4. Discussion des aspects socio-culturels

"L' Atoll un nouveau monde de shopping ":

Cette phrase accrocheuse est en première ligne sur le site Internet de l’Atoll, le nouveau "parc commercial" de l'agglomération d'Angers.

Pour accéder au rang d’espaces à vocation régionale, l'Atoll, tout comme certaines zones d’activités commerciales a tenté la diversification comme moyen de se démarquer d’espaces commerciaux plus classiques, en enrichissant l’offre de loisirs et les ambiances ludiques.

Les familles profitent des espaces de déambulation et de restauration rapide, considérant le lieu comme un espace de vie, négligeant par ailleurs les centres-villes plus traditionnels où elles se retrouvent de moins en moins.

Importé des États-Unis, le concept de "fun shopping" est arrivé en Europe récemment. La grande distribution française a adapté cette approche alliant commerce et loisirs à notre culture.

Terme anglo-saxon né de la contraction de « retail » (commerce) et « entertainment » (divertissement), le « retail-tainment » représente un concept de distribution où l'on tente d'allier les deux activités. Cela donne des centres commerciaux pouvant être dotés de salles de spectacles, de zoo et/ou de parcs d'attraction et où des animations sont menées en permanence. Le but avoué est de générer du trafic en incitant les clients à venir pour d'autres raisons que le simple fait de faire leurs courses.

«  Acheter est devenu un loisir », souligne Pierre-Jean Richard, le directeur des aménagements et des concepts de la Fnac. « On va dans un magasin d'abord pour se distraire, découvrir des nouveautés et ensuite pour acheter. Il faut donc à la fois des magasins performants, où le client trouve vite les produits qu'il cherche, mais aussi conviviaux et - c'est la grande nouveauté- étonnants » (source : http://www.lsa-conso.fr/la-revolution-du-fun-shopping,42663 ).

L’Atoll propose une carte de fidélité aux meilleurs clients donnant accès à certains services, notamment au salon « VIP » (pour ceux qui ont dépensé au moins 1500 euros dans l’un des magasins du centre, source : Le Monde Diplomatique, Avril 2013, pp.8-9). Se crée ainsi au sein de ce nouveau type d’espace public une ségrégation fondée sur la consommation.

Ces centres commerciaux regroupent deux activités constituant des domaines économiques très différents. Le promoteur d’un équipement commercial raisonne en m², alors que le gestionnaire d’un équipement ludique est préoccupé par la durée de la visite. Comme TF1 vend du temps de cerveau disponible aux annonceurs publicitaires, le gestionnaire de l’Atoll vend du temps de déambulation des consommateurs dans son centre commercial. C’est ensuite aux enseignes d’inciter ceux-ci à dépenser dans leur magasin. Des logiques différentes qui rendent complexes la juxtaposition de ces activités sur un même espace.

50Se pose aussi la question de la qualité de ces nouveaux espaces ouverts au public mais sous gestion et contrôle du secteur privé. Le maintien de l’ordre public est privatisé, délégué à des sociétés de gardiennage. Par ailleurs, à la différence d’un centre-ville, le centre n’est accessible qu’aux horaires d’ouvertures des magasins et restaurants (de 9h à minuit).

Est-ce le début d'une désaffection du centre-ville à haute valeur patrimoniale, considéré par une majorité des habitants comme le creuset de la cité, à défaut d’être le principal espace marchand ?


Texte largement inspiré des travaux de René-Paul Desse


Professeur d’urbanisme à l’Université de Bretagne Occidentale (Brest).

http://www.cairn.info/revue-flux-2002-4-page-6.htm






En guise de conclusion
Alors, l'Atoll est-il un éco-parc commercial ? S'il faut reconnaître l'attention portée à la conception technique du centre commercial, cela ne nous semble pas peser lourd face aux méfaits du projet global. Renforcement des inégalités territoriales ; évasion de la richesse du territoire ; maintien d'un système intégré de production, de distribution et de consommation non durable,...
Ce projet a été initié par des élus locaux qui se vivent comme des chefs d'entreprise du territoire, cherchant à gagner des parts de marché dans la compétition mondiale des territoires (et de leurs habitants) les uns contre les autres.

Ils trouvent dans leur quête du « toujours plus » des alliés de circonstances dans de grandes entreprises en quête d'investissements pharaoniques pour leurs immenses liquidités financières.
Un tel projet ne peut cependant exister et avoir un certain « succès », du moins en termes de fréquentation, qu'en raison d'une culture consumériste ancrée dans la société.
Le développement d'une culture de citoyenneté active, allant du local au global, et de l'individu au collectif, est plus que jamais un chantier d'actualité pour réussir la transition sociale et écologique de nos sociétés.
Attac, association d'éducation populaire tournée vers l'action, y contribuera. Rejoignez-nous !




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Nous contacter : attac49@attac.org

Notre lieu de rencontre : 1 rue Bardoul, 49100 ANGERS

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