Grandes Entreprises et Services de Télécoms Ouverture








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Les 7èmes Entretiens de l’Autorité ART

Grandes Entreprises et Services de Télécoms

Ouverture

Jacques DOUFFIAGUES

Membre du Collège


Ces 7ièmes Entretiens de l’Autorité de Régulation des Télécommunications (ART) sont, pour moi, le baptême du feu.

Le fait qu’il s’agisse des 7ièmes entretiens signifie que l’ART cherche, régulièrement, à sortir de sa tour d’ivoire pour faire partager ses informations et préoccupations, et être à l’écoute du marché. Cela explique peut-être la nature particulière de la régulation par rapport à la réglementation : la régulation et donc l’Autorité de régulation des télécommunications n’obéissent pas à des lois mécaniques mais doivent prendre en compte la réalité du marché. C’est pourquoi connaître et faire connaître le marché des télécommunications est une des missions essentielles de l’ART.

Le succès de ces Entretiens est un signe et je vous en remercie. Votre présence est d’autant plus appréciée qu’un certain nombre de fuites concernant l’étude ont été divulguées ailleurs que dans un grand quotidien du soir partenaire de nos entretiens. Cette présence signifie votre volonté d’entendre les véritables résultats de l’étude. Le contenu de l’étude sera d’ailleurs présenté par Monsieur Roux et par les représentants de grandes entreprises.

Je souhaite simplement que vous puissiez être particulièrement attentifs à trois points concernant l’analyse de l’évolution du marché des télécommunications.

D’abord, il s’agit d’un secteur qui a connu à la fois l’excès d’honneur et l’excès d’indignité. Les télécommunications ne doivent pas être observées uniquement du point de vue des indices financiers et de la Bourse. C’est également un secteur qui poursuit sa croissance même si celle-ci n’est pas identique à celle qu’elle était auparavant. Après une poussée exponentielle, il est en effet normal que la croissance devienne plus rectiligne. Aussi, ne faut-il pas prendre le ralentissement normal de la croissance pour une situation de crise.

Ensuite, si l’ensemble du secteur représente environ 5 % du PNB, il contribue à 50 % de la croissance. Par conséquent, même si ce secteur était en crise, il serait toujours un élément extrêmement positif de l’activité du pays.

Enfin, globalement, le poids des télécommunications dans les entreprises – et dans les grandes entreprises en particulier - représente le montant total de leurs bénéfices avant impôt. Cela montre à quel point les gains de productivité qui peuvent être réalisés dans ce secteur permettent d’amplifier de façon considérable les moyens d’investissement et les moyens d’action des entreprises, sans peser sur l’emploi.

Voilà les quelques messages que je souhaitais vous exprimer. Je passe la parole à Dominique Roux.

Résultats de l’enquête sur la consommation en services de télécommunications des grandes entreprises en France

Professeur Dominique Roux

Membre du Collège

I. La place croissante des télécommunications dans les entreprises et dans l’ensemble de la société
1. Le poids des télécommunications dans l’entreprise

Trois ans après l’ouverture à la concurrence (1er janvier 1998), l’ART a souhaité se pencher sur la consommation de services de télécommunications des entreprises présentes sur le territoire national, pour avoir une vision claire et précise de la situation actuelle, et pour mesurer les premiers effets de cette ouverture à la concurrence.

La transformation de l’environnement national et international dans lequel évoluent les entreprises a conduit les télécommunications à jouer un rôle de plus en plus important au cours de ces dernières années.

Sur le plan économique, la télécommunication est devenue un facteur de production à part entière. Sur le plan social, l’utilisation massive des télécommunications, dans les ménages et les entreprises, a modifié l’organisation de la production, le comportement au travail et les modes de vie en général. Sur le plan politique, le rôle des télécommunications revêt un caractère stratégique. En effet, comment construire l’Union Européenne sans un système de communications à distance performant ?

L’importance des télécommunications dans la société va s’accroître encore, sous l’influence, d’une part, d’une offre sans cesse enrichie de nouveaux services, d’autre part, d’une demande toujours plus soutenue qui exprime les besoins des consommateurs. Les nouveaux services “ fixes ” et “ mobiles ” qui sont proposés sont en effet particulièrement attendus car ils représentent “ la communication nouvelle ” qui repose sur la mobilité, l’interactivité et l’interopérabilité. Il ne faut pas oublier que les transformations du secteur des télécommunications n’auraient sans doute pas eu lieu avec la même rapidité sans le changement du cadre réglementaire qui a permis l’ouverture à la concurrence et la mise en place d’une fonction de régulation indépendante.

Aujourd’hui, les entreprises, quels que soient leur taille et leur domaine d’activité, ont intégré les télécommunications dans leur système de gestion. Ainsi, l’optimisation de la fonction télécommunications est devenue un enjeu majeur car les services qu’elle contient font partie intégrante de la chaîne de valeur. Nous pouvons les considérer comme une véritable activité de soutien au sens de la classification de Michael Porter.
2. L’influence des télécommunications sur le système économique : la vérification du paradoxe de Solow

Sur le plan macroéconomique, si les activités de télécommunications et d’informatique pèsent peu sur le PNB, elles ont cependant une influence essentielle sur la croissance des économies.

Leur rôle et leur influence commencent d’ailleurs à être étudiés avec attention, pour comprendre “ le paradoxe de Solow ”. Robert Solow, Prix Nobel d’économie en 1987, avait écrit à propos de l’économie américaine : “ On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques ”. Cette affirmation a conduit à s’interroger sur l’impact réel des technologies de l’information et de la communication sur l’ensemble des activités productrices. Jusqu’à une époque récente, le paradoxe de Solow semblait vérifié car il était impossible de conclure à un effet nettement positif de l’informatisation des activités sur la croissance économique et plus particulièrement sur la productivité du travail. Ce paradoxe est à présent levé. Il est admis que l’informatique joue depuis quelques années un rôle majeur sur la croissance américaine.

Le décalage qui a pu être constaté entre l’apparition des services informatiques et leurs effets sur l’économie s’explique par le fait que l’informatique n’est qu’un des facteurs de la productivité, l’autre volet essentiel étant l’organisation du travail. En d’autres termes, sans réorganisation des systèmes de production et des entreprises, l’informatique n’est qu’un gadget coûteux. Il en est de même pour les télécommunications qui peuvent demain apporter un surcroît de performances à condition que ces nouveaux services soient intégrés dans des systèmes de gestion réaménagés.

Ce constat est un facteur d’optimisme à terme pour l’Europe et la France car, dans l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, nos pays semblent avoir quelques années de retard sur les Etats-Unis. Il est évident que les effets positifs majeurs de tous ces nouveaux services sont devant nous.

Ces quelques raisons ont conduit à l’étude demandée à Pierre Audoin Conseil, en collaboration avec le CIGREF, (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises). Les résultats obtenus sont éloquents. Je vais vous présenter les résultats principaux avant que nous n’engagions le débat avec quatre responsables des télécommunications de grandes entreprises.
3. Le cadre général de l’enquête

Cette étude a été réalisée, entre novembre 2000 et janvier 2001, par le Cabinet Pierre Audoin Conseil pour le compte de l’ART auprès d’entreprises de plus de 5 000 salariés. 104 entreprises ont été retenues, représentant un effectif total de 2,3 millions de salariés, pour un chiffre d’affaires de 2,85 milliards de francs. Sur ce dernier point, cet échantillon représente environ la moitié du secteur. Parmi ces entreprises, 20 font partie du CAC 40. Ces entreprises appartiennent à 7 secteurs d’activité : industrie, banques, assurances, services publics, transport, commerce, autres services.
4. Les objectifs poursuivis

L’enquête poursuivait 3 objectifs :

  • évaluer la consommation des différents services de télécommunications de ces entreprises ;

  • comprendre et connaître leurs politique d’achats ;

  • mesurer l’état de la concurrence après 3 ans d’ouverture du marché à la concurrence.
II. Les résultats quantitatifs de l’étude
1. Les chiffres globaux

Le marché des grandes entreprises représente 21,5 % du marché total des services de télécommunications français alors qu’il représente 51 % du marché des services aux entreprises.

Les dépenses de télécommunications (matériel, personnel et services…) des grandes entreprises s’élèvent en 1999 à 72 milliards dont 52 % pour les services.

Les services (37,5 milliards de francs) se répartissent entre le téléphone fixe (50 %), les mobiles (13,5 %), les services avancés (4 %) et les données dont Internet (32,5 %).
2. L’évolution de la consommation

De 1998 à 2000, on estime que l’évolution de la consommation a été la suivante :

  • fixe : 0 %

  • mobile : + 50 %

  • services avancés : + 15 %

  • données Internet : + 12 % à + 15 %

Ces chiffres sont à rapprocher des taux d’équipement des grandes entreprises :

  • postes téléphoniques : 100 % des effectifs

  • mobiles :20 %

  • Intranet : 73 % des effectifs sont connectés dans le privé, 43 % dans le public

  • Internet :1,2 million d’accès contre 2,6 millions pour Intranet
3. Les principaux ratios de dépenses de télécommunications

En moyenne, un salarié coûte, en service et matériel, 16 700 francs par an. En 1987, cette moyenne était de 4 800 francs, sachant en outre que les prix ont depuis largement baissé.

Il est à noter que ce coût par salarié est de 51 000 francs dans le secteur bancaire et de 5 500 francs dans le commerce.

Ces ratios montrent que le poids des télécommunications est important.

Par rapport au chiffre d’affaires, ces dépenses, en moyenne, représentent 1,3 % du chiffre d’affaires des grandes entreprises (5,2 % du produit net bancaire pour le secteur bancaire et 0,39 % du chiffre d’affaires pour le secteur commercial).
4. Le coût des TIC

Les dépenses de télécommunications représentent la moitié des dépenses informatiques, qui s’élèvent à 35 000 francs par an. Globalement le coût annuel moyen par salarié des TIC est supérieur à 50 000 francs, soit au total une dépense de 224 milliards de francs par an.
5. Le cas d’Internet

Le budget d’accès à Internet représente, dans ces entreprises, moins de 2 % de la facture de services de télécommunications. Il est à noter que 85 % des grandes entreprises ont un site Internet et 25 % offrent un site de commerce électronique.
III. Les résultats qualitatifs de l’étude
1. L’état de la concurrence

Les grandes entreprises font majoritairement appel à plusieurs opérateurs : 65 % dans la téléphonie fixe, 72 % dans le mobile et 54 % dans les données. Les critères de choix sont le prix pour le fixe et le mobile (85 %), le prix (46 %) et la qualité (45 %) pour les données.
2. Les opérateurs cités

Il s’agit d’opérateurs pour les communications locales (France Telecom, Colt, Kaptech, 9 Télécom, Completel), nationales (France Telecom Cegetel, Worldcom, Siris, Colt, GTS Omnicom…), internationales (France Telecom, Worldcom, Cegetel, Colt, Siris, Completel, GTS Omnicom, Global one) et d’opérateurs de téléphone fixe vers le mobile (France Telecom, Cegetel, Worldcom).

Parmi la centaine d’opérateurs ayant une licence en France, les entreprises n’en citent qu’une dizaine.
3. La politique d’achat

L’enquête a permis de souligner le manque de centralisation des achats, dans les entreprises, en 2000.

Mais la tendance actuelle est marquée par une plus grande centralisation et des contrats mondiaux. Les entreprises souhaitent toutefois recourir à plusieurs opérateurs de façon à maintenir une certaine pression.
4. L’appréciation de la concurrence

Ces entreprises considèrent que la concurrence est effective sur les communications longue distance et internationales, sur les communications au départ des mobiles et sur l’accès à Internet. Par contre, la concurrence est jugée insuffisante dans les communications du fixe vers le mobile.

Néanmoins, les grandes entreprises ont présenté le coût (en personnel, en temps et en moyens financiers) comme un frein au changement d’opérateur. A terme, ces freins devront être levés.

Enfin, ces entreprises ont ressenti un très net progrès de la concurrence depuis trois ans.
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