La montée des contestations radicales








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La montée des contestations radicales
Plus précisément, mon intervention traitera de la montée et des variations des contestations radicales.

Il faut remonter aux années 80. Elles sont marquées par le déclin du PC, du prestige du marxisme dans l'université et chez les intellectuels (même si l'imprégnation demeure), et par la montée du FN.

Sur le plan international, à la fin de cette décennie, c'est en 1989 la chute du Mur de Berlin et la désagrégation de l'URSS.

Tout se passe comme si la fin du stalinisme dopait les trotskistes, et leur permettait de prendre leur revanche. C'est à ce moment-là que va apparaître toute une série de groupuscules radicaux qui vont tenter de prendre le relais du parti communiste, non pas sur le plan politique au sens des partis, mais sur le plan du combat dit social.

Pourtant, de façon significative, le premier, en 1990, est bel et bien politique. C'est Ras l'Front : trotskiste, anti-FN. Ras l'Front est né de l'Appel des 250, rédigé par Gilles Perrault, dont la phrase essentielle était celle-ci : “ Face au FN, le temps de la contre-offensive est venu. ” Grâce aux intellectuels qui l'animent, comme Didier Daeninckx ou Maurice Rajfus, “ Ras l'Front dispose de connivences qui lui confèrent une notoriété médiatique certaine ”, soulignera un rapport des RG en 2000. Ces fameuses connivences entre anciens camarades trotskistes, dont Michel Field dira : “ C'est marrant, cet effet générationnel. Il y a un truc qui se passe entre nous, une sorte de petit clin d'œil maçonnique, très sympathique… ”

Ras l'Front bénéficiait d'autant mieux du clin d'œil sympathique que c'était clairement une émanation de la LCR. Et ce premier mouvement radical émergeant était un mouvement contre le FN. C'est doublement significatif.

1 - Importance de la LCR. Je rappelle qu'à l'époque, la LCR, en caricaturant à peine, n'est apparemment qu'un groupuscule de gauchistes soixante-huitards vieillissants, autour de papy Krivine. Ras l'Front marque le début de la renaissance, non de la LCR elle-même qui va continuer de végéter pendant une décennie, mais de son influence.

A l'époque, le paysage des contestations radicales est calme, marginal et défini depuis longtemps. A côté de la LCR, il y a les deux autres sectes trotskistes : le Parti des travailleurs, qui noyaute notamment FO, et Lutte ouvrière, avec son éternelle icône Arlette Laguiller. Et il y a les vieux groupuscules anarchistes. Je signale au passage un fait peu connu, c'est que le Parti des travailleurs, qui a de nombreux pseudopodes comme le Centre laïque d'information et de liaison ou la Fédération des cercles de défense laïque, a pris le contrôle de la Fédération nationale des Libres Penseurs, le vieux club de mangeurs de boudins du vendredi saint et de bouffe curés réunis.

2 - Ce qui est significatif avec Ras l'Front, c'est que la montée des contestations radicales a pour origine la montée du FN. La preuve en est qu'avant Ras l'Front, le seul mouvement de contestation radicale qui faisait parler de lui était le SCALP. Mais le SCALP, né en 1984 pour contrer la venue de Jean-Marie Le Pen à Toulouse, n'était pas vraiment organisé. Il se donnera une ébauche d'organisation en 1986 avec REFLEX, "réseau d'études, de formation et de liaison contre l'extrême droite", dont le siège est au 21 ter rue Voltaire à Paris. Une adresse dont nous aurons à reparler. En 1992 a lieu une vraie tentative d'unifier les militants du SCALP, autour du mensuel No Pasaran. La lutte contre le FN est alors élargie, comme le proclame No Pasaran : “ La lutte antifasciste ne peut se dissocier de la lutte contre toutes les exclusions et le système capitaliste qui les engendre. ”

Dans cette phrase, on a à la fois la motivation de tous les groupuscules qui vont se former (lutte conte toutes les exclusions) et le soubassement révolutionnaire (contre le système capitaliste). No pasaran s'affirme "Solidaires, égalitaires, libertaires". Libertaires, donc à prédominance anarchiste, ce qui le distingue de Ras l'Front à prédominance trotskiste. Le logo de No pasaran est un drapeau noir et un drapeau rouge, le noir cachant les trois quarts du rouge.

On ne doit pas oublier que Ras l'Front avait été précédé, de peu, en 1989, par la création d'Act up. Act-up se présentait médiatiquement comme une association destinée à défendre et à aider les malades du sida. En fait il se définit ouvertement dans ses textes comme “ un groupe activiste ”, de militantisme homosexuel et révolutionnaire. Comme en témoigne encore le titre du compte rendu de la dernière assemblée générale : “ 2004-2005, toujours le poing levé ”. Act up a eu une grande importance précisément par son activisme (provocations médiatiques) qui sera repris par nombre d'autres groupes dans d'autres domaines.

L'acte de naissance des syndicats SUD précède également celui de Ras l'Front. Mais Ras l'Front commença sur un coup médiatique, alors que SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques) ne fut au départ qu'une scission du syndicat CFDT de la Poste parisienne. Menée par des trotskistes, l'un des principaux acteurs étant Christophe Aguiton, qui était membre de la LCR depuis 1971… et deviendra l'un des premiers militants de Ras l'Front. Nous aurons l'occasion de reparler de ce personnage. Sud-PTT ne monta que peu à peu en puissance, et fin 1995, dans le contexte des grandes grèves, allaient naître Sud-rail, Sud-éducation et Sud-étudiant, puis toute une série de syndicats Sud dans divers domaines. Ces syndicats ont fini par prendre le contrôle de ce qui s'appelait le Groupe des dix et qui est devenu en 2004 l'Union syndicale Solidaires, où il ne reste que trois des dix syndicats fondateurs, perdus dans le raz de marée de SUD.

Peu après Ras l'Front, à la fin de l'année 1990, est créé Droit au logement. DAL. Par Jean-Baptiste Eyraud. Mais c'est en décembre 1994 que le DAL deviendra célèbre, avec le squat de la rue du Dragon à Paris. Une opération de réquisition de logement médiatiquement orchestrée, avec l'abbé Pierre, Jacques Higelin, etc. Mgr Gaillot s'y installe parmi les SDF, on voit là les Pr. Schwartzenberg et Jacquard, et de nombreuses vedettes du show-biz.

De cette opération va naître Droits devant, présidé par Jean-Claude Amara, avec comme vice-présidents Jacques Gaillot, Albert Jacquard, Léon Schwartzenberg, le trio qu'on verra désormais partout. Jean-Claude Amara, qui est cofondateur avec Jean-Baptiste Eyraud et vice-président de Droit au logement, Jean-Baptiste Eyraud étant directeur de publication du journal Droits devant. Droits devant se donnait pour mission d'élargir le combat de DAL, en plaçant la lutte contre les exclusions dans une perpective globalisante, selon leur vocabulaire. On peut constater que le site internet de Droits devant n'a pas été mis à jour depuis l'année dernière.

Entre temps avait été fondé AC !, Agir contre le chômage, en octobre 1993, par des militants de la LCR. Les principaux fondateurs et animateurs sont Claire Villiers, militante CFDT de l'ANPE, aujourd'hui vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, et Christophe Aguiton, l'un des fondateurs de SUD-PTT, et militant de Ras l'Front. Ras l'Front est membre du collectif de fondation d'AC !. Mais AC ! va longtemps rester inconnu, et émergera lors de l'hivers 97-98, avant d'être la proie de dissensions entre une base plutôt anarchiste et sa direction trotskiste. Des dissensions qui continuent aujourd'hui et qui l'affaiblissent considérablement. Tandis que la direction s'est investie davantage d'abord dans le "Réseau des marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions", et aujourd'hui dans l'altermondialisme.

Dans un autre domaine a été fondée en 1990 la CADAC, coordination nationale des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception, animée par Maya Surduts, de la LCR. La CADAC a été déclarée à la préfecture de Paris en 1994, et en 1996 ses militantes ont créé le Collectif national pour le droit des femmes (CNDF), qui regroupe nous dit-on quelque 160 organisations. A la tête du CNDF on retrouve Maya Surduts, avec Suzy Rojtman, qui est également une des dirigeantes de la CADAC. Si vous cherchez la CADAC sur Internet, on vous renvoie au CNDF, et vous découvrez alors que le site du CNDF n'a pas été actualisé depuis 2002. Le dernier article mis en ligne était intitulé Les femmes contre l'extrême droite, comme par hasard. CADAC et CNDF ont leur adresse au 21 ter rue Voltaire.

Cette existence fantomatique du CNDF ne l'empêche pas d'être médiatiquement très actif, comme on a pu le voir encore en novembre 2004 lors d'une opération intitulée Six heures contre les violences faites aux femmes, où fut dressé in fine le bilan de "30 ans de lutte". Non pas 30 ans de lutte du CNDF, qui n'avait que huit ans d'existence, ni de lutte contre les violences faites aux femmes, mais 30 ans de lutte pour imposer le droit à l'avortement, en référence à la loi Veil dont c'était le 30e anniversaire. Et le 8 mars dernier, le CNDF organisait une manifestation à l'occasion de la journée des femmes. On y célébrait notamment la Marche mondiale des femmes, qui se rendait dans 53 pays pour faire connaître la "charte mondiale des femmes". Cette charte “ identifie le patriarcat comme le système d'oppression des femmes et le capitalisme comme le système d'exploitation d'une immense majorité de femmes et d'hommes par une minorité ”. Elle appelle à “ construire un autre monde où l'intégrité, la diversité, les droits et la liberté de toutes et de tous sont respectés ”. C'est un résumé de toute la propagande de ces groupuscules et de leur évolution. L'anticapitalisme qui renvoie au marxisme-léninisme, l'antipatriarcat, à savoir la subversion de toutes les valeurs traditionnelles, et l'appel à construire un autre monde, qui montre l'inclusion progressive de ces mouvements dans l'altermondialisme. A noter que les deux premières priorité de No Passaran, héritier du SCALP et de REFLEX, sont "l'anticapitalisme" et "l'antipatriarcat", alors que "l'antifascisme" n'arrive qu'en sixième position.

Amara, Eyraud, Surduts, etc., seront en décembre 1995 parmi les initiateurs de l'Appel des sans (sans-logis, sans-travail, sans-papiers…), qui va organiser une manifestation regroupant la plupart des groupuscules anarcho-trotskistes dont nous venons de parler, et d'autres moins connus. Cette manifestation va servir de tremplin à ce combat des sans-ceci et des sans-cela, et va déboucher en 1996 sur les occupations d'églises prétendument par les sans-papiers, en fait par les organisations en question.

L'occupation de l'église Saint-Bernard, en juin 1996, après les répétitions générales à Saint-Hippolyte et à Saint-Ambroise, et des manifestations pour la régularisation des sans-papiers dans plusieurs villes juste avant, marquera l'apogée de ce mouvement. Vous vous en souvenez. L'agitation médiatique est à son comble. Emmanuelle Béart se fait photographier avec un enfant noir dans les bras, et bien sûr les Gaillot, les Schwartzenberg et les Jacquard sont partout. C'est le début des fameux collectifs de sans-papiers, qui vont se multiplier. Après les législatives de 1997, le gouvernement socialiste procédera à une opération massive de régularisation, puis fera voter une loi qui fera exploser les demandes d'asile, sans que cela, bien sûr, empêche la multiplication des plus divers collectifs. Au contraire. Puisqu'il y a un gouvernement qui cède de façon aussi spectaculaire, c'est le moment de poursuivre l'offensive.

Ces années-là, une autre organisation fait parler d'elle : elle s'intitule Observatoire des libertés publiques, comme un organisme officiel. Sur le modèle du prétendu Observatoire international des prisons, créé en 1990. Il s'agit en fait d'une officine de dénonciation des violences et bavures policières, etc. dont le président est Maurice Rajfus, de Ras l'Front, et qui a parmi ses principaux animateurs Didier Daeninckx, de Ras l'Front.

Dans le domaine de la défense des immigrés clandestins, naissent aussi le MIB, mouvement de l'immigration et des banlieues, et le Collectif contre la double peine, qui ont la même adresse et le même dirigeant, Norredine Iznasni, ainsi que les collectifs anti-expulsions, “ ne regroupant que quelques dizaines d'éléments de l'extrême gauche radicalisée, mais cautionnée par le soutien d'organisations politiques, syndicales et humanitaires plus recentrées ”, comme dit le rapport des RG de 2000. C'est une notation très importante. Ces mouvements n'existeraient pas sans le soutien des médias, et de nombre d'organisations respectables qui jouent les idiots utiles, au sens strict défini par Lénine. Selon l'imposture bien éprouvée : comment pourrait-on être contre des gens qui dénoncent des injustices et des situations intolérables ?

A la fin de 1997 et au début de 1998, c'est une autre branche des sans, les sans-travail, qui va occuper le devant de la scène. En 1994, avec la rue du Dragon, c'était les sans-logis. En 1996, c'était les sans-papiers. Cette fois, ce sont les sans-travail. Les médias appelleront cela le "mouvement des chômeurs". En fait de chômeurs, ce sont toujours les mêmes agitateurs qui sont à l'œuvre. Au cœur du mouvement se trouve AC !, Agir contre le chômage, de Christophe Aguiton et Claire Villiers. Un jour de janvier 1998, les chômeurs en question vont investir le célèbre restaurant le Fouquet's, aux cris de “ On a faim ! ”. La police va interpeller les occupants : ce sont, disent les rapports officiels, des membres des associations de soutien aux sans-logis et aux sans-papiers, on les connaît déjà, ce sont aussi des militants d'Act up, ce sont aussi des membres de la CNT, le vieux syndicat anarchiste qui est en train de se refaire une jeunesse à la faveur de ces mouvements, il y a même là Helyette Besse, la mamma d'Action Directe.

Christophe Aguiton en porte-parole des chômeurs, cela ne manque pas de sel. Non seulement il n'est pas chômeur, mais il a une garantie de l'emploi en béton armé : il est administrateur de France Télécom. Quant à Claire Villiers, elle pourrait difficilement être au chômage, puisqu'elle est non seulement fonctionnaire, mais permanente syndicale… à l'ANPE.

A cette époque-là, Emmanuel Ratier publiera dans son bulletin Faits et Documents l'organigramme des sections départementales d'AC ! . On y trouve un grand nombre de fonctionnaires, notamment instituteurs, professeurs, employés de mairie... et militants de SUD-PTT. Au point que certaines sections sont domiciliées au syndicat SUD-PTT. Il arrive que la situation soit proprement caricaturale. Ainsi l’association AC ! des Bouches-du-Rhône. Le président est un agent PTT, militant de SUD-PTT. Le vice-président est un cadre PTT, militant de SUD-PTT. Le trésorier est un agent PTT, militant de SUD-PTT. Le secrétaire est un... journaliste. Marseille : c'est le lieu où le soi-disant “ mouvement des chômeurs ” a commencé à prendre une importance nationale.

On se rappellera aussi l’importance de SUD-PTT dans le mouvement des “ sans-papiers ”, notamment au cours de l’occupation de l’église Saint-Bernard. Banderoles de SUD-PTT, déclarations permanentes d’un porte-parole de SUD-PTT docilement répercutées par les médias, qui ne se sont jamais demandés en quoi un syndicat de la poste et des télécommunications était représentatif des immigrés clandestins...

En passant, on rappellera d’un mot, ou plutôt d’un chiffre, la représentativité de SUD à ce moment-là. Non pas du seul SUD-PTT, mais de l’ensemble des syndicats SUD : 0,3 % des suffrages exprimés aux élections prud’homales.

Parmi les occupations de locaux par les chômeurs, en cet hiver 97-98, il y eut celle de l'ANPE de Paris., dont la vedette était un certain Christian. Il était en gros plan sur une photo publiée en une de Libération le 25 décembre. En page 2, on pouvait lire ce récit bouleversant : “ Christian, chômeur depuis trois ans, a rapidement concocté son repas de Noël : “Pour nous, ce sera patates à l’eau.” Comme une centaine de ses compagnons d’infortune, il a tenté hier d’occuper le siège parisien de l’assurance chômage. ” Or ce Christian était Christian Lançon, qui agissait sous la casquette d'AC !. C'était aussi l'un des animateurs de Droits devant, il était rédacteur du journal de l’association, membre du Réseau Voltaire (le Réseau Voltaire, dont il faudrait parler aussi, carrefour et caisse de résonance de toutes les subversions… mais qui n'est pas domicilié au 21 ter rue Voltaire), journaliste à L’Evénement du jeudi, auteur d'un livre, l'année précédente, intitulé Une taupe chez Chirac (édité aux Belles Lettres, s’il vous plaît) après avoir travaillé huit ans à la mairie de Paris. Par L’Evénement du jeudi, il était à l’origine de l’affaire des logements à prix préférentiels, et il était candidat “ anti-corruption ” face à Tiberi aux législatives de 1997... Etonnant, pour un chômeur lambda qui mange des patates à Noël.

A partir du printemps 1998, ces mouvements activistes des sans-ceci et des sans-cela vont péricliter en tant que tels. On va en retrouver les acteurs au sein de la Fondation Copernic, créée le 10 octobre 1998. Appelée ainsi parce qu'elle veut “ remettre à l'endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers ”. Une jolie périphrase pour une révolution, qui n'est pas celle des astres. Parmi les soixante premiers membres on trouve Christophe Aguiton, Jean-Claude Amara, Jean-Baptiste Eyraud, Daniel Bensaïd (n°2 de la LCR), Majigène Cissé, figure médiatique des sans-papiers, Annick Coupé, porte-parole de SUD-PTT, Maya Surduts, Emmanuel Terray, porte-parole du 3e collectif des sans-papiers, ou un certain Alain Lipietz. Le fondateur de la Fondation Copernic était Jacques Kergoat, membre du bureau politique de la LCR (il est mort l'année suivante, et SUD-PTT lui rendra un vibrant hommage). Le coordonnateur général de la Fondation est Willy Pelletier, professeur de sociologie à l'université de Picardie, membre de la LCR. Parmi les 200 signataires actuels on trouve aussi Claire Villiers, Didier Daeninckx, José Bové, Alain Krivine, Olivier Besancenot, Roselyne Vachetta, autre porte-parole de la LCR, mais aussi des communistes du PCF (dont Francis Wurtz, Pierre Zarka, Marie-George Buffet, Patrick Braouezec, etc., et Jean Ferrat, et Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride avec leur réalisateur Jean-Pierre Guédiguian, bien sûr) et des socialistes plus ou moins marginaux (Marc Dolez, Gérard Filoche), des syndicalistes de la CGT, et de la FSU, et bien sûr de SUD, de nombreux Verts, Gustave Massiah, le président du CEDETIM, dont nous allons reparler, des professeurs d'université et divers intellectuels, dont les soi-disant philosophes de l'Espace Marx ou le propagandiste de l'athéisme Michel Onfray. L'objectif étant de ratisser large, d'élargir le cercle de la contestation radicale sous couvert d'études intellectuelles.

Parmi les membres proprement dits de la Fondation, on note le nom de Evelyne Sire-Marin, présidente du syndicat de la magistrature.

Le président actuel est l'énarque Yves Salesse, membre du Conseil d'Etat, s'il vous plaît, et qui fut conseiller du ministre communiste des Transports Jean-Claude Gayssot entre 1997 et 1999 dans le gouvernement Jospin.

L'année suivant la création de la Fondation Copernic, en 1999, l'action va de nouveau se déplacer, et s'enrichir. Cette fois apparaît sur le devant de la scène une organisation qui faisait peu parler d'elle sur le plan de l'activisme : la Confédération paysanne. Ses militants révolutionnaires vont se servir d'un vrai mouvement paysan, de producteurs de lait de brebis, pour entamer un mouvement de subversion. Et ce sera, le 12 août, le fameux démontage du MacDo en construction de Millau, mené par José Bové, qui acquiert dès lors sa célébrité. Derrière la défense du Roquefort attaqué par les Américains et le combat contre la malbouffe symbolisée par Mac Do (puis ce sera aussi contre les OGM) José Bové et ses amis ne cachent pas qu'ils mènent un combat révolutionnaire contre la mondialisation libérale.

L'anti-mondialisation prend alors son essor, et l’on commence à parler d’Attac, qui a été créé l’année précédente, un peu avant la Fondation Copernic, en juin 1998.

Notons aussi, sur le plan de la politique électorale, l’arrivée sur le devant de la scène de la LCR en tant que telle : grâce à son alliance avec Lutte ouvrière, la LCR obtient deux députés européens, dont Alain Krivine qui était dans l’ombre depuis mai-68. Ce sera ensuite le coup de génie médiatique consistant à mettre en avant le petit postier Besancenot, qui va faire de la LCR un partenaire obligé du débat politique, jusqu'aux élections présidentielles de 2002 et jusqu'au récent référendum, même si électoralement le mouvement s'est effondré entre temps. Et c'est un scandale permanent de voir le trotskisme, à savoir la pure subversion communiste révolutionnaire, traité comme un interlocuteur à part entière du débat démocratique.

Il nous faut dire un mot de la préhistoire de ce que l’on appelle aujourd’hui, c’est-à-dire depuis 2003, l’altermondialisme, avec son fameux slogan Un autre monde est possible. La première organisation de cette mouvance, sur le plan chronologique, est le CEDETIM. A savoir le Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale. Il a été créé en 1957, sous le nom de Centre d’études anti-impérialistes, par Gustave Massiah. Le CEDETIM, dont l’adresse est, comme par hasard, au 21 ter rue Voltaire, est un membre fondateur d’Attac. Gustave Massiah n’est plus président du CEDETIM, mais il est un des trois vice-présidents d’Attac. Il est d’autre part le président du CRID, le Centre de recherche et d’information pour le développement, qui comprend nous dit-on une trentaine d’associations. A noter que le site internet du CRID est “ réalisé avec le soutien financier du ministère des Affaires étrangères français et de l’Union européenne ”. Car tout cela est grassement subventionné.

Gustave Massiah est aussi président de l'AITEC. L'AITEC, c'est l'association internationale de techniciens, experts et chercheurs. Domiciliée au… 21 ter rue Voltaire.

L'AITEC, réseau de professionnels et d'associations - le mot réseau est omniprésent dans ces officines - créée en 1983, “ regroupe des praticiens et des experts de diverses disciplines dans l’objectif de faciliter l'exercice pluridisciplinaire de leurs activités et de promouvoir une réflexion sur les implications sociales et politiques de ces disciplines ”. “ L’AITEC met aussi son expertise au service des mouvements sociaux, des ONG et des syndicats, dans l’objectif de faire un pont entre les sphères de l’expertise et les mouvements sociaux et de construire ensemble des propositions et alternatives. ”

L’AITEC compte six partenaires privilégiés : Résol (réseau solidarité), Rinoceros (réseau international de centres de ressources et de documentation associatifs), le CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement), Alternatives, tout ça ce sont des experts qui s'occupent de développement durable, de relations Nord-Sud solidaires, etc., No-Vox et ATTAC, que nous allons retrouver.

L’AITEC est membre co-fondateur d'IPAM (Initiatives pour un autre monde), “ réseau composé d’associations de solidarité internationale s’inscrivant dans la dynamique internationale des mouvements sociaux, et en particulier des forums sociaux mondiaux, continentaux, nationaux et locaux, pour un monde plus solidaire ”.

Nous sommes là au cœur des poupées russes, ou plutôt des poupées soviétiques, qui peuplent la Maison des solidarités, 21 ter rue Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris. Des poupées qui à la fois s'emboîtent les unes dans les autres et se mélangent de façon inextricable.

L'AITEC est situé au CICP, Centre international de culture populaire, 21 ter rue Voltaire. Le CICP, qui dit regrouper une centaine d'organisations, est une émanation du CEDETIM. Le CEDETIM est dès lors devenu une association du réseau AITEC, en compagnie de ICARE (Initiatives et citoyenneté en réseau), de l'Assemblée européenne des citoyens, du CEDIDELP, etc. Le CEDIDELP, "centre de documentation internationale pour le développement, les libertés et la paix", est membre, aussi, du réseau Ritimo, "réseau de centres de documentation pour le développement et la solidarité internationale". Ritimo est partenaire de l'AITEC, etc.. On peut continuer ainsi indéfiniment à naviguer d'un réseau à l'autre, tout en faisant du sur place, car tout cela se trouve au 21 ter rue Voltaire, on y retrouve toujours les mêmes, et il s'agit toujours d'officines de subversion déguisées en associations d'experts pour le développement et la paix, ou pour la soi-disant culture populaire, c'est-à-dire la subversion.

En dehors de ces associations (il faudrait encore citer le HCA, l'APEIS, les Pénélopes, Amorces, le Forum de Delphes, le Centre de recherches sur les mutations industrielles, etc., c'est sans fin), sont également domiciliées au 21 ter rue Voltaire des groupuscules à l'intitulé plus clair, comme le SCALP, Non pasaran et leurs éditions Reflex, Solidarité Résistance anti-fa (comité de soutien aux francs tireurs partisans - ceux qui faisaient des attentats contre le FN à Marseille, et auxquels Evelyne Sire-Marin décernait un brevet de moralité parce que c'était contre le FN), le RASH, à savoir Red and anarchist Skinheads, et leurs éditions Crash Disques, ou des comités de soutien aux clandestins, comme l'Anafé (association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers), l'Association de soutien aux immigrés, le Comité anti-expulsions, des associations de soutien à des peuples en lutte, etc. etc.

Gustave Massiah, président de l'AITEC et du CRID, vice-président d'Attac, fondateur du CEDETIM anti-impérialiste en 1957, est en quelque sorte le patriarche du mouvement.

Autre personnalité aussi importante que peu connue de la subversion altermondialiste, Susan George, une Américaine qui a la nationalité française depuis 1994, et qui préside le Transnational Institute à Amsterdam. C’est un institut de recherche et d’études, naturellement, sur les rapports Nord-Sud. Donc contre l’impérialisme, comme l’ancien CEDETIM, et l’on est passé tout naturellement de l’anti-impérialisme communiste des années 50 au combat, tout aussi communiste et toujours sans le dire, contre la mondialisation libérale. Susan George était présidente de l'Observatoire de la mondialisation, créé en 1996 après l’entrée en vigueur de l’OMC. L’Observatoire de la mondialisation n’existe plus mais a donné naissance, avec le renfort de Droits devant, c’est-à-dire de Jean-Claude Amara (comme on se retrouve !), à la Coordination pour le contrôle citoyen de l’OMC. Susan George est membre fondatrice, et vice-présidente, d’Attac France.
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