Littérature québécoise








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VIII



Émile Lalande


Émile Lalande entra dans la boîte.

Par Me Lacasse :

– Vous étiez l’associé de feu Prescott ?

– Oui.

– Depuis combien de temps ?

– Oh, une dizaine d’années.

– Quel est le genre de vos affaires ?

– Nous représentons les incendiés dans leurs rapports avec les compagnies d’assurances quant aux montants des réclamations subséquentes aux incendies.

Grave, Lacasse dit :

– M. Lalande ?

– Oui ?

– Vous pouvez ou non, vous mettra la corde au cou. Répondez-moi la vérité ; un mensonge vous conduirait à l’échafaud.

Après un silence, l’avocat posa la question :

– Quand vous avez ajusté les 103 incendies louches, saviez-vous qu’ils étaient criminels ?

– Oui.

– Connaissiez-vous l’incendiaire ?

– Non.

– Qui le connaissait ?

– Mon associé Prescott.

– Il gardait le nom secret ?

– Oui, pour plus de sûreté ; c’est quand il y a plusieurs personnes dans la combine que le coulage commence.

– Étiez-vous au courant que Prescott allait vous moucharder ?

– Non. Car si je l’avais su, c’est moi qui aurais été l’assassin.

– Vous admettez avoir comploté pour allumer des feux payants, commettant ainsi le crime d’incendiat ?

– Oui.

Ce fut alors un moment dramatique.

Belœil se leva, entraîna Lalande au dehors, lui passa les menottes aux poignets et dit.

– Au nom de la loi, je vous arrête.

IX



Yvonne Latour


Le greffier cria :

– Yvonne Latour.

Par Me Lacasse :

– Vous êtes mariée ?

– Oui.

– Où est votre mari dans le moment ? Vous comprenez, je vous demande où est votre mari actuellement ?

– Je ne sais pas ; il doit être à la maison.

– Très bien, madame.

S’adressant à Belœil, il ordonna :

– Détenez cette femme.

Au coroner, il dit :

– Je demande à votre seigneurie un bench warrant.

– Sous quelle accusation ?

– Parjure.

– Bien ; accordé.

La vieille mégère se mit à crier, à hurler, à brailler.

– Silence ! fit l’huissier.

Lacasse parla tout bas au greffier qui, tout de suite après, cria :

– Docteur Vilandré, approchez-vous et entrez dans la boîte aux témoins.

X



Vilandré


Comme pour les autres, Lacasse dirigea l’interrogatoire du médecin :

– Vous avez traité René Nadon à l’hôpital Notre-Dame ?

– Oui, pour éraflures et contusions.

– Subséquentes à un accident d’auto ?

– Oui.

– Reconnaîtriez-vous Nadon si vous le voyiez.

– Certainement.

– Certainement oui, ou certainement non ?

– Certainement oui.

Le procureur de la couronne fit un signe à Brien qui en fit un autre à deux constables provinciaux.

Alors tous les trois, ils convergèrent, s’approchant d’un homme assis sur un des bancs de la tour.

Cet homme avait toute la tête et le visage enveloppés de bandages blancs.

Se voyant cerné, l’homme aux bandages tenta de fuir.

Mais il fut vite rattrapé par les trois policiers.

Ils emmenèrent leur prisonnier près de la boîte dans laquelle se tenait debout le docteur Vilandré.

Alors de quelques gestes rapides, le détective privé arracha violemment les bandages et la figure de l’homme apparut.

Lacasse demanda :

Docteur, reconnaissez-vous cet homme ?

– Oui.

– Qui est-il ?

Vilandré s’écria :

– À moins que je ne sois devenu subitement fou, cet homme est un mort vivant.

– Que voulez-vous dire ?

– Je veux dire que c’est l’homme que j’ai traité à Notre-Dame pour éraflures et contusions légères.

– Son nom ?

– Il m’a dit s’appeler René Nadon.

René Nadon !

Une stupeur générale se répandit dans la salle d’audience.

Le coroner ordonna aux deux constables :

– Détenez cet homme.

Lacasse dit alors :

– M. Brien, veuillez entrer dans la boîte aux témoins.

Albert obéit.

Par Lacasse :

– Comment se fait-il que vous soyiez entré dans cette cause ?

– Mademoiselle Truro m’a engagé pour protéger sa sœur Angéline qui était menacée par son mari.

– Quelle était votre opinion initiale de l’affaire ?

– Je jugeai d’abord que nous étions en présence d’un crime passionnel.

– Quand avez-vous changé d’idée ?

– Quand je réunis l’affaire des 103 feux au métier de Prescott et de Lalande.

– Alors qu’avez-vous fait ?

– Quand je fus assuré qu’il s’agissait d’un sordide crime d’argent, je me mis résolument au travail. L’affaire tournait autour d’un individu.

– L’incendiaire ?

– Justement.

Brien reprit :

– Il ne me restait plus qu’à trier parmi le lot de suspects le véritable coupable.

XI



Un bon truc de détection




Lacasse demanda :

– Comment avez-vous procédé ?

– Je me suis servi d’un truc de métier. Yvonne Latour prétendait que son mari était toujours saoul.

– Vous avez sans doute reconnu le mari Latour dans celui qui s’est fait passer pour Nadon ?

– Oui.

– Pourquoi a-t-il fait cela ?

– Parce qu’il ne voulait pas que Nadon sache que c’était lui l’incendiaire.

– Et Latour a aussi tué Prescott parce qu’il allait le moucharder, le vendre ?

– Oui.

– Mais, Brien, comment avez-vous pu porter vos soupçons contre lui ?

– Un homme saoul qui ne sent pas la boisson, admettez cher maître, que c’est pour le moins étrange.

– Ah, c’est ainsi que...

– Oui.

Albert reprit :

– J’ai téléphoné à Latour hier soir, et, me faisant passer pour Lalande, je lui ai donné deux faux prospects d’incendie.

– Il a mordu à votre hameçon ?

– Oui, et je lui ai conseillé, « pour sa propre protection », d’assister à l’enquête ce matin, le visage bandé.

– Il ne vous a pas demandé pourquoi ?

– Oui.

– Que lui avez-vous répondu ?

– Que je lui expliquerais tout aujourd’hui.

Lacasse dit :

– Votre seigneurie, c’est ma cause.

Le coroner recommanda au jury de trouver Latour et sa femme criminellement responsables de la mort de Prescott et de celle de Nadon.

Il dit à la fin :

– Vous pouvez vous retirer pour délibérer, messieurs.

Mais le chef des jurés hocha négativement la tête et dit :

– Pas besoin de nous retirer ; notre verdict est prêt.

Le verdict fut tel que Latour et sa vieille mégère de femme se dirigent actuellement vers l’échafaud.

Cet ouvrage est le 650e publié

dans la collection Littérature québécoise

par la Bibliothèque électronique du Québec.

La Bibliothèque électronique du Québec

est la propriété exclusive de

Jean-Yves Dupuis.

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