Rapport du Cameroun sur la mise en œuvre du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement








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REPUBLIQUE DU CAMEROUN


Paix – Travail – Patrie

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MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES

REPUBLIC OF CAMEROON


Peace – Work – Fatherland

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MINISTRY OF SOCIAL AFFAIRS


Quarante cinquième Session de la Commission du Développement Social





Rapport du Cameroun sur  la mise en œuvre du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement

(Projet)



Yaoundé, décembre 2006

Du 8 au 12 avril 2002, lors de la deuxième Assemblée Mondiale sur le vieillissement, les représentants des Etats, parmi lesquels le Cameroun, ont adopté la Déclaration politique et le Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, afin de faire face aux défis du vieillissement de la population et de promouvoir le développement d’une société pour tous les âges. Les mesures préconisées par ce Plan d’action s’articulent autour de trois domaines prioritaires d’intervention à savoir :

La place du vieillard dans la société traditionnelle africaine en général et au Cameroun en particulier ne faisait pas ressortir problématique des personnes âgées au point d’en constituer un fait de société, compte tenu de la vision communautaire de leur prise en charge.

En effet, l’accumulation des expériences et des connaissances a fait des personnes âgées une ressource culturelle incontournable : c’est à elles qu’incombait la charge d’initiation des nouvelles générations, en tant que détentrices de la sagesse et gardienne du patrimoine traditionnel. Ainsi, la personne du 3ème âge imposait par elle-même du respect de la part des jeunes générations.

Dès lors être parvenu au 3ème âge suscitait l’admiration de la part de la communauté dans laquelle on vivait et la personne âgée bénéficiait ainsi de l’entretien de sa famille et même de toute la communauté pour lesquelles elle représentait un monument qu’il fallait conserver auprès de soi.

Le nombre réduit de «vieillards» facilitait leur entretien. En effet, jusque dans les années 50, on ne pouvait compter que près de 05 personnes âgées sur 100 habitants soit 5,6% ; d’où l’intérêt, dans une société encore fondée sur la solidarité, de leur accorder toutes les attentions, ce d’autant plus qu’elles étaient considérées comme une source de bénédiction.

Dépositaires de la sagesse et véhicules des valeurs ancestrales, les personnes âgées étaient vénérées et entièrement intégrées dans la famille et la communauté. Faisant office de mentors, de médiateurs et de conseillers, ils jouaient un rôle essentiel de régulateurs dans la société.

Avec les développements techniques et industriels qui ont eu pour conséquence la baisse du taux de mortalité et par conséquent, la hausse de l’espérance de vie, la société s’est trouvée confrontée à un nombre relativement élevé des personnes du 3ème âge dont la prise en charge fait de plus en plus problème. Aussi, du fait des mutations socio-économiques et politiques liées notamment à l’urbanisation, à la mondialisation, au triomphe de l’économie libérale, à l’évènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, à l’essor démographique, à la faiblesse du pouvoir d’achat des populations, au passage de la famille élargie à une famille plus réduite et mobile, les personnes âgées, considérées de plus en plus à l’isolement, à l’abandon et au rejet.

D’où l’urgence à intégrer les questions de vieillissement dans les politiques et programmes de développement durable.

C’est ainsi qu’au système traditionnel de protection des personnes âgées s’est juxtaposé le système formel de sécurité sociale instituée par l’organisation du travail dans la société camerounaise moderne.

La sécurité sociale consiste à entretenir une personne ayant préalablement travaillé, et qui a perdu sa force de travail du fait de son âge à travers notamment la pension de vieillesse ou de retraite. Cette dernière concerne aussi bien les employés du secteur public que ceux du secteur privé.

Que ce soit le système formel ou informel, le Gouvernement camerounais inscrit la protection et la promotion des personnes âgées au cœur de ses priorités.

Les mesures préconisées par ce Plan d’action s’articulent autour de trois domaines prioritaires d’intervention à savoir :

  1. Les personnes âgées et le développement ;

  2. La promotion de la santé et du bien être des personnes âgées ;

  3. La création d’un environnement favorable et porteur.

Le présent rapport se propose d’évaluer les actions menées par le Cameroun en faveur des personnes âgées selon ces trois orientations prioritaires.

I – ORIENTATION PRIORITAIRE 1 : LES PERSONNES AGEES ET LE DEVELOPPEMENT

Suivant l’orientation prioritaire 1 du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, « les personnes âgées doivent participer pleinement au développement et avoir une part équitable de ses bienfaits ». L’accent est alors mis sur les aspects suivants :

  • la reconnaissance de la contribution sociale, économique, culturelle et politique des personnes âgées

  • leur participation à la prise des décisions ;

  • l’amélioration des conditions de vie en milieu rural et la lutte contre la marginalisation ;

  • la sécurité sociale.

    1. La reconnaissance de la contribution sociale, économique, culturelle et politique des personnes âgées.

La question du vieillissement au Cameroun, comme dans la plupart des pays du Sud, est une problématique récente, les personnes âgées ayant toujours eu par le passé une place privilégiée dans la société.

Pour souligner l’importance du rôle des personnes âgées dans la société, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, dans son discours programme lors de la campagne pour l’élection présidentielle d’octobre 1997, s’adressait aux anciens en ces termes : «  Vous êtes la mémoire de notre pays, nous comptons sur votre sagesse, sur votre modération, sur votre bon sens, sur votre expérience… Je vous demande de vous mobiliser pour encadrer au mieux nos jeunes et leur enseigner dès leur jeune âge les valeurs morales fondatrices de notre culture ».

Il s’agit là non seulement d’un devoir de reconnaissance pour tout ce que ces personnes ont apporté à l’édification de la société, mais aussi d’une nécessité de capitaliser les expériences des unes et des autres pour bâtir le futur.

C’est dire, pour reprendre AMADOU HAMPATE BAH, qu’  « un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ».

La fréquence observée de certains grands rendez-vous culturels donne d’ailleurs l’occasion à des communautés ethniques de valoriser leur savoir-faire, la richesse, la diversité et le potentiel culturel légués par les ancêtres et véhiculés par les anciens. Ce patrimoine culturel dont les anciens sont dépositaires constitue des repères à préserver et à apporter comme contribution au concert universel du donner et du recevoir.

Au plan juridique, le Préambule de la Constitution camerounaise du 18 janvier 1996 fait ainsi de la protection des personnes âgées un devoir national. De nombreux textes législatifs et règlementaires viennent renforcer la protection du droit des personnes âgées notamment :

Au plan institutionnel, plusieurs départements ministériels à l’instar de la Santé Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale, de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, de l’Economie et des Finances, du Sport et de l’Education Physique, de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, de l’emploi et de la formation professionnelle, du Développement Urbain et de l’Habitat, de l’Agriculture et du Développement Rural, de la Jeunesse, de la Promotion de la Femme et de la Famille, de la Communication et de l’Enseignement Supérieur concourent à promouvoir la dignité et à revaloriser les personnes âgées.

De manière plus spécifique, le décret N°2005/160 du 25 mai 2005 portant organisation du Ministère des Affaires Sociales, a créée toute une Direction de la Protection Sociale des Personnes Handicapées et des Personnes Agées, avec, pour la première fois, une Sous-Direction spécifiquement chargée de la protection des personnes âgées

Ledit décret institue aussi des Brigades de contrôle pour s’assurer de l’efficacité et de l’efficience des institutions d’encadrement des personnes âgées.

D’autres strustures existent notamment la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) et l’Office National des Anciens Combattants, Anciens Militaires et Victimes de guerre (ONACAM).

    1. La participation des personnes âgées à la prise des décisions

En dépit des mutations socio-économiques et politiques évoquées plus haut avec leur incidence sur l’organisation sociale, les personnes âgées font encore l’objet de beaucoup d’allégeance dans la plupart des familles et des communautés. Elles sont généralement consultées chaque fois qu’il s’agit de prendre des décisions importantes concernant la vie de la famille, de la communauté ou l’avenir de la société. Elles sont même courtisées par les notabilités traditionnelles et les états-majors politiques. L’administration publique n’est pas en reste car elle a pris l’habitude de les associer aux divers fora et réflexions sur les questions d’intérêt pour le devenir de la cité ou concernant les personnes âgées directement.

Ainsi en a-t-il été notamment lors du séminaire international sur le vieillissement organisé à Yaoundé du 11 au 15 septembre 2006, sous le haut patronage de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, en partenariat avec l’ONG HelpAge International, et qui regroupait 103 participants venus de 12 pays dont l’Afrique du Sud, le Cameroun, l’Ethiopie, le Ghana, la Grande Bretagne, le Kenya, le Lesotho, le Mozambique, l’Ouganda, le Soudan, la Tanzanie et le Zimbabwe ont connu une forte participation des personnes âgées.

Ces assises ont donné l’occasion de passer en revue le Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement et le plan d’orientation stratégique subséquent de l’Union Africaine, puis de partager les expériences sur les mesures prises au niveau régional en matière de protection et de sécurité sociale, de santé et de VIH/SIDA dans le cadre de la mise en œuvre dudit Plan d’action de Madrid. Les travaux ont débouché sur l’ « Appel de Yaoundé ».

De manière institutionnelle, les avants projets de code des personnes et de la famille et de code de protection de l’enfance tendent à revaloriser le rôle de régulateur social des personnes âgées à travers notamment la restauration et la réorganisation du « conseil de famille ». Cette instance qui se situe en amont des tribunaux est chargée de délibérer entre autres sur les questions liées à l’administration légale des biens de l’enfant mineur, à la tutelle et à la dévolution successorale. Ledit conseil est présidé par la personne la plus âgée des familles paternelle et maternelle, et ses décisions sont entérinées ou homologuées par le tribunal.

1.3- Le prolongement du temps de l’emploi ou d’exercice d’activités génératrices de revenus

Pour ce qui est de l’emploi indépendant, les promoteurs se réservent le droit de déterminer librement, en fonction de leurs aptitudes, le moment propice pour changer, prolonger ou mettre fin à leurs activités socio-économiques, quitte à passer le relais à d’autres personnes, membres de la famille ou non,, selon la nature des activités ou de l’entreprise.

S’agissant de l’emploi salarié, le temps de l’emploi est fonction de l’âge de départ à la retraite qui lui-même varie suivant les corps de métier et la catégorie à laquelle on se trouve, passant ainsi de 65 ans pour les uns (enseignants d’université, magistrats, Officiers Supérieurs de l’armée…) à 60 ans (enseignants du secondaire et primaire) à 55 ans (fonctionnaires de catégorie A et B) ou à 50 ans pour les autres.

Pour ce qui est des militaires, les décrets 2001/188 et 2001/219 du 25 juillet 2001 fixent les limites d’âge allant de 44 à 55 ans pour les personnels non officiers et militaires de rang ; de 51 à 58 ans pour le personnel officier ; de 58 à 62 ans pour les officiers généraux.

Au delà de leur départ en retraite, le Gouvernement entend capitaliser le potentiel des retraités. Il en est ainsi, au niveau de l’enseignement supérieur, avec l’institution de la catégorie des Professeurs émérites qui continuent, bien qu’étant retraités, à apporter leur expertise et leur expérience à la transmission des connaissances. Il en est de même des personnels officiers qui peuvent être retenus pour la réserve mobilisable, c’est-à-dire qu’ils demeurent à la disposition du Président de la République, Chef des Forces Armées, pendant 03 ans. En outre, ceux dont les spécialités ou qualifications seraient utiles aux forces de défense, le Gouvernement sur ordre du Président de la République, peut les rappeler pour compléter ces services ou formations.

D’après l’arrêté n° 702 du 25 octobre 2006, ils sont prioritaires pour les stages de maintien de la paix des Nations Unies, de l’Union Africaine ou de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale en vue des missions liées à ces organismes.

De manière générale, le Gouvernement entend exploiter au mieux les potentialités des personnes âgées. Cependant, il est difficile à l’heure actuelle de disposer en temps réel, de données appropriées sur les expertises des unes et des autres par domaine ou secteur d’activités. D’où la nécessité de mettre en place une sorte de fichier de compétences des personnes âgées.

      1. Amélioration des conditions de vie en milieu rural et lutte contre la marginalisation

Dans le cadre de ses missions de lutte contre la pauvreté et de promotion de la solidarité nationale, le Ministère des Affaires Sociales a entrepris un projet de Grenier de solidarité, forme d’organisation essentiellement communautaire mise en place en milieu urbain et rural, et qui permet aux membres d’une communauté de contribuer au développement endogène de leur espace de vie, à travers la prise en charge des personnes les plus défavorisées et les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, et la réalisation collective d’activités génératrices de revenus.

La stratégie consiste au niveau d’un village, d’un groupe de villages ou d’un quartier de la ville, à constituer un comité d’élus représentatifs de la population, lesquels seront responsables du grenier de solidarité, et à ce titre, chargés d’identifier les populations vulnérables bénéficiaires du grenier de solidarité.

Le grenier de solidarité comporte plusieurs volets touchant notamment les aspects :

  • Consommation, qui consiste à dégager des fonds, sur la base des cotisations des membres de la communauté locale, des dons des élites et autres bienfaiteurs pour satisfaire les besoins des personnes les plus démunies ;

  • Production, à travers la mise en œuvre des activités génératrices de revenus par la communauté afin d’accroître les moyens nécessaires à la satisfaction des besoins urgents, vitaux et collectifs ressentis par la communauté ;

  • Hygiène et salubrité, à travers notamment l’entretien de l’habitat, la construction des latrines, l’aménagement des sources et des puits d’eau potable ;
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